Risques du secourisme

 

Risque biologique lié au contact avec le sang

La peau saine est une barrière efficace à la transmission des virus (hépatite B, hépatite A, VIH). .

Le risque de transmission d’une infection se construit par le cumul de facteurs tels que:

  • Victime porteuse d’un virus (faible prévalences en France : 0,65% pour l’hépatite B, 0,85% pour l’hépatite C, environ 0,2% pour l’infection VIH)
  • Absence de vaccination du secouriste contre l’hépatite B (la grande majorité le sont)
  • Exposition au sang par piqure/coupure (ce n’est pas le cas des secouristes), exposition par projection/contact sur des muqueuses (oeil, bouche) ou sur une peau lésée, en absence du port de gants
  • Absence de prise de mesures immédiates de lavage ou désinfection

En pratique, le risque est très faible pour le secouriste !

Le fait de ne pas avoir les gants ne doit pas retarder la prise en charge de la victime, notamment la compression directe sur une plaie pour arrêter une hémorragie importante, mais intercaler si possible un tissu propre et se faire relayer par quelqu’un portant des gants dès que possible.

Comment se protéger à l’avance:

  • s’assurer d’avoir eu la vaccination complète contre l’hépatite B
  • avoir toujours des gants de type soin à son poste, à défaut utiliser des gants d’atelier propres
  • si pas d’hémorragie importante, prendre le temps de mettre des gants avant de pratiquer les soins
  • panser toute plaie au niveau des mains pour fermer la porte d’entrée des virus

Conduite à tenir en cas d’accident d’exposition au sang :

Piqûre, coupure, ou contact direct sur peau lésée :

  • ne pas faire saigner ;
  • nettoyer immédiatement la zone cutanée lésée à l’eau et au savon puis rincer ;
  • puis désinfecter pendant au moins cinq minutes avec Dakin ou alcool à 70°.

Projection sur muqueuses et en particulier les yeux :

  • rincer abondamment au sérum physiologique ou à l’eau (au moins cinq minutes).

+ Consultation médicale le plus précocement possible, au mieux dans les quatre heures (soit passages aux Urgences), pour évaluer l’importance du risque infectieux notamment VIH, hépatite B et hépatite C et, si besoin, initier rapidement un traitement prophylactique (une recherche du statut sérologique du patient source devrait être possible en urgence).
+ Déclaration en accident du travail et suivi spécifique en médecine du travail.

Risque psychologique lié au stress de l’intervention

 

Les premiers secours exposent à la vue du sang, au contact avec la souffrance, voire la mort, et peuvent engendrer un stress important. Le secouriste doit l’anticiper et s’y préparer autant que possible : rester focalisé sur la situation, agir de manière adaptée à la problématique rencontrée. C’est le stress adapté.

Lorsque le secouriste connaît la victime (collègue de travail), la charge émotionnelle de l’intervention est plus importante, ce qui peut interférer avec l’application des automatismes appris lors de la formation. Le soutien des collègues de travail aide le secouriste à gérer le stress de l’intervention.

Le stress dépassé peut affecter le secouriste ou les collègues de travail présents. Il se manifeste par : sidération (empêchant la personne de percevoir, d’évaluer ou d’analyser la situation), agitation désordonnée, fuite panique (qui fait partir la personne), action automatique (la personne effectue des gestes mécaniquement, dans un état de détachement psychique).

Après l’intervention, la prise de parole en groupe par les personnes ayant assisté en même temps à un événement est importante pour verbaliser l’expérience vécue par chacun et permettre ainsi l’évacuation du stress. Le secouriste peut solliciter l’infirmière ou le médecin du travail pour un entretien, à tout moment, notamment après une intervention plus éprouvante.

Un debriefing psychologique peut être organisé dans les 48 heures à 5 jours suivant les faits, pour aider les personnes à dépasser la situation. Il est réalisé par un professionnel spécialisé (psychiatre ou psychologue clinicien).

Des symptômes de stress post-traumatique peuvent persister dans certains cas. En cas de persistance au-delà d’un mois de symptômes psychologiques liés à l’événement, même modérés, ou encore de troubles non-spécifiques (irritabilité, difficultés de concentration, troubles du sommeil, cauchemars) il est nécessaire de consulter.

Page créée le 21/02/2014.

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