Le Burnout ou le Syndrome d’Epuisement Professionnel

 

Définition du burnout

Le burnout est l’aboutissement d’un processus lié au stress chronique ou cumulatif, qui se manifeste par un épuisement physique, émotionnel et intellectuel intense induit par l’organisation du travail :

  • qui émerge brutalement après un long et insidieux processus de résistance au stress, dans une dynamique de décrochage, et qui conduit à l’incapacité d’agir,
  • qui prend sa source dans le travail, le plus souvent lié à un surengagement au travail,
  • chez un individu ne présentant pas forcément de troubles psychopathologiques antérieurs marqués,
  • conduisant très souvent à un absentéisme

1ère phase : L’engagement, le plaisir au travail

Phase de satisfaction intense au travail, caractérisée par une grande vigueur, une forte implication et une absorption intense dans le travail.

L’engagement se caractérise par trois composantes: l’enthousiasme vis-à-vis de son travail, l’acceptation de ses aspects négatifs et la persévérance dans les tâches qu’il comporte

L’engagement au travail est reconnu comme ayant des effets bénéfiques pour la santé psychique et physique

2ème: L’alarme, le surengagement au travail

Le surengagement est le symptôme initial de tout syndrome d’épuisement professionnel. Il peut être induit par l’organisation du travail.

Petit à petit, l’activité et les pensées professionnelles vont gagner toutes les sphères de l’existence :sociale tout d’abord (diminution de toute l’activité sportive, des loisirs habituels, des sorties…),familiale ensuite : parti(e) tôt, rentré(e) tard, indisponible, inaccessible, toujours pressé(e)

Le temps consacré à la satisfaction de ses propres besoins est de plus en plus court

Les besoins non professionnels perdent leur importance. (négligence de l’hygiène de vie, déni des émotions, déni des alertes de santé, installation ou majoration des addictions tabac, alcool, cannabis, cocaïne, médicaments…)

C’est cette phase qu’il faut s’attacher à détecter le plus tôt possible, afin d’être efficace dans la prévention du burnout.

 

3ème phase: La résistance, l’acharnement frénétique

C’est la phase de rupture :

  • La personne continue de s’imposer un rythme effréné. Elle nie de plus en plus son surmenage et sa surcharge.
  • Le plaisir fait place à l’anxiété grandissante et la disparition de la satisfaction au travail.
  • L’estime de soi diminue, la personne commence à douter d’elle-même, les erreurs et les accidents surviennent, associés à la difficulté de se concentrer, aux troubles de mémoire, aux ruminations professionnelles incessantes.
  • Les premiers signes de détachement, d’insensibilité au monde environnant et de rupture avec les autres surviennent sous la forme d’attitudes négatives envers les autres (repli sur soi, agressivité, incivilités…).

Sans aide extérieure qui détermine une prise de conscience et un changement, la personne est généralement à ce stade peu capable de s’en sortir seule et dans l’impossibilité de demander de l’aide.

4ème phase: L’effondrement final

L’effondrement est la dernière phase de ce long processus :

  • Effondrement physique et psychique
  • Retrait émotionnel quasi-total (apathie)
  • Anéantissement de l’estime de soi et de l’espoir de parvenir à surmonter les difficultés professionnelles
  • Perte de toute capacité d’initiative qui lui serait favorable
  • Manque de flexibilité à toute demande de changement
  • Impossibilité d’exprimer son incapacité de continuer de faire son travail
  • Dépersonnalisation qui peut aller jusqu’au cynisme sur le plan comportemental: la personne n’est plus capable d’empathie, de compassion, de soutien vis-à-vis d’autrui
  • Cynisme par rapport aux événements de travail, violences, voire maltraitance sur autrui (collègues, collaborateurs, fonctions support, clients…), dénigrement systématique de l’entreprise

De point de vue médical, la 4ème phase du burnout représente une maladie mentale, souvent une dépression modérée ou sévère.

Les maladies somatiques peuvent se rajouter : infarctus, AVC, accidents graves …

La prévention du burnout / du syndrome d’épuisement professionnel

Faire attention à la charge de travail:

  • Identifier les unités de travail à forte charge et/ ou à forts à-coup de charge
  • S’assurer de la légitimité des efforts demandés en regard de leur utilité et de leurs effets possibles
  • Limiter dans le temps la mobilisation demandée pour ne pas en faire un mode permanent de fonctionnement
  • S’assurer que les moyens engagés sont suffisants en volume et sur le plan
  • qualitatif
  • Réaliser à échéance régulière un calibrage de la charge de travail avec la participation des salariés concernés

Collaboration et soutien social:

  • Renforcer les formes de soutien social : le travail d’équipe en coopération et confiance mutuelle
  • Eviter les situations d’isolement professionnel où des fortes responsabilités ne reposent que sur
  • une seule personne
  • Mettre en place des back-up et des coresponsabilités pour éviter de créer des goulets ou verrous ne reposant que sur une personne
  • Reconnaitre les efforts engagés en tant que tels et pas seulement les résultats obtenus

Promouvoir un bon équilibre de de vie au travail:

  • Ne pas valoriser les comportements à risque de type surinvestissement dans le travail
  • Afficher et faire respecter des règles de vie au travail : horaires raisonnables, respect du temps de repos, respect des pauses régulières, droit à la déconnexion
  • S’assurer que chacun peut répondre aux sollicitations en tenant compte du nécessaire équilibre vie professionnelle – vie personnelle
  • Sensibiliser l’ensemble des acteurs de l’entreprise sur les risques liés au surengagement

Détécter précocément et protéger les personnes à risque:

  • Détecter précocement les personnes à risque: il est difficile d’identifier les cas de burn-out potentiel avant que la situation ne devienne irréversible.
  • Les personnes très engagées qui se rapprochent de leurs « limites » peuvent consacrer leurs dernières forces à dissimuler leurs difficultés (à leur entourage, mais aussi à eux-mêmes).
  • Celui qui essaie alors d’aborder le risque de burn-out avec quelqu’un qu’il sent en danger se retrouve souvent face à une personne qu’il confronte à une réalité difficilement reconnue, avec le risque que celle-ci ne « craque » et ne bascule dans la phase de l’évidence, de la décompensation, de l’arrêt de travail prolongé.

Evaluez le risque d’épuisement professionnel à l’aide du questionnaire DUWAS.

Page créée le 15/07/2016.

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