Fatigue visuelle et travail sur écran

Dès le début, il convient de préciser que « le travail sur écran n’abîme pas les yeux ! », mais il représente une contrainte visuelle importante qui peut mettre en évidence les défauts visuels préexistants ou tout simplement fatiguer les yeux.

Fatigue visuelle

Définition : La fatigue visuelle est une fatigue musculaire des muscles internes aux yeux qui assurent l’accommodation de près (la mise au point). Elle se manifeste par des picotements, larmoiements, maux de tête, vertiges, fatigue mentale, voire vision double ou floue.

Ces symptômes sont réversibles et disparaissent avec le repos.

Causes fréquentes :

  1. la personne présente un défaut visuel, même léger, par exemple une hypermétropie – une consultation chez ophtalmologue s’impose pour examen, prescription ou mise à jour des lunettes ou lentilles
  2. la personne est fatiguée (sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité, le plus souvent)
  3. l’organisation du travail, le poste ou l’environnement de travail ne respectent pas les exigences d’ergonomie visuelle

La correction de ces facteurs repos devrait faire disparaître ou diminuer les symptômes de fatigue visuelle.

Ergonomie visuelle – Recommandations

  • assurer un éclairage correct d’un niveau suffisant (entre 300 et 500 lux), uniforme dans la pièce et au niveau du poste de travail informatisé, sans reflets dans l’écran ou les meubles, sans sources d’éblouissements dans le champs visuel (soleil ou luminaires)
  • placer l’écran à une distance de 50-70 cm des yeux (bras tendu, les doigts effleurent l’écran) ; concernant le travail sur ordinateur portable, cette distance de confort visuel ne peut être acquise en utilisant dans le même temps le clavier intégré, il est donc recommandé en cas d’utilisation prolongée de brancher l’ordinateur portable à une station d’accueil et d’utiliser un écran, un clavier et une souris externe
  • éviter l’alternance rapide du regard entre l’écran et un document situé à proximité de l’opérateur; pour les tâches qui nécessitent la consultation régulière d’un document papier, installer ce document entre le clavier et l’écran à une distance de 30-40 cm, de préférence attaché à un port-documents
  • faire des pauses régulières de 5 minutes toutes les heures ou 10 minutes toutes les 2 heures, intercalant dans son activité d’autres tâches : photocopier des documents, petite réunion avec les collègues, boire un café, un verre d’eau, manger un fruit ; préférer à faire des pauses courtes mais, plus fréquentes, que des pause plus longues, mais rares

Suivi en médecine du travail

Lors de la visite médicale en médecine du travail, un test visuel est proposé systématiquement. Ce test permet le dépistage d’un défaut visuel non ou insuffisamment corrigé, situation qui représente une indication de consultation ophtalmologique.

« Un travailleur ne peut être affecté à des travaux sur écran de visualisation que s’il a fait l’objet d’un examen médical préalable et approprié des yeux et de la vue par le médecin du travail. Cet examen est renouvelé à intervalles réguliers et lors des visites médicales périodiques. » (article R4542-17 du Code du travail)

« L’employeur fait examiner par le médecin du travail tout travailleur se plaignant de troubles pouvant être dus au travail sur écran de visualisation. Si les résultats des examens médicaux le rendent nécessaire, un examen ophtalmologique est pratiqué. » (article R4542-18 du Code du travail)

Cas particulier – le syndrome de l’œil sec

Le syndrome de l’œil sec se manifeste par une sensation de sécheresse oculaire, de brûlure ou d’irritation (« du sable dans l’œil »).

Plusieurs facteurs professionnels favorisent l’évaporation des larmes au niveau de l’œil et donc l’apparition de la sensation de sécheresse oculaire :

  • un écran placé trop haut par rapport aux yeux oblige à regarder en haut, ce qui s’associe avec une rétraction des paupières supérieures et la découverte d’une plus grande superficie de l’œil
  • une rareté du clignement des paupières (en raison d’une forte concentration et d’un manque de pauses)
  • un assèchement de l’air ambiant, dû à la climatisation, au chauffage ou à la saison (l’air est plus sec en hiver)
  • une présence de polluants dans l’air (poussière de papier, fumée de cigarette…)

Parfois, le syndrome de l’œil sec est dû à un déficit de sécrétion de larmes, cas dans lequel l’ophtalmologue va prescrire l’instillation périodique dans les yeux des larmes artificielles (des gouttes).

Page créée le 04/04/2012.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *